Aller au contenu principal

L'histoire de Com'Publics en 63 rencontres - Bruno Le Roux

A l'occasion des 25 ans de Com'Publics en 2019, l'agence a édité un livre qui relate son histoire au travers de 63 témoignages. Nous les livrons sur le blog au cours de cette année. Nous poursuivons avec Bruno Le Roux, ancien député de Seine-Saint-Denis, président du groupe SER à l'Assemblée nationale et ancien ministre de l'intérieur.

Quelles ont été les actions principales du club ? Je pense par exemple au dossier du classement du « repas gastronomique des Français » au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco ?

Les actions principales se forment toujours dans la durée. Il n’y a donc pas d’actions qui soient simples quand l’idée est d’obtenir un classement, comme celui au patrimoine immatériel de l’humanité, il n’y a pas de choses évidentes. Tout procède ensuite de mises en relation, de rencontres, de persuasions. Le Club a eu une action de long terme avec dès le départ, une boussole qui a permis d’obtenir quelque chose dont tout le monde se dit une fois obtenue que c’est facile. Pourtant on sait dès le début que c’est particulièrement difficile et qu’il faut y mettre beaucoup de finesse et de compréhension. C’est ce qui m’a le plus emballé dans ce dossier emblématique pour la France car il n’est pas seulement un dossier d’affaires publiques classique ou de lobbying particulier, c’est un dossier d’intérêt général. On a donc une agence, un cabinet d’affaires publiques qui se pose la question “Comment puis-je faire aboutir un projet d’intérêt général au bénéfice de la France ?». Je trouve que c’est assez emblématique de la méthode de Com’Publics. Le club est un lieu de rencontres et d’échanges. La façon dont Marc Teyssier d’Orfeuil a vu les choses est à mon avis très lucide et visionnaire. Il s’est dit qu’il fallait apporter plus que demander. Bien entendu, nous pouvons aller demander un certain nombre de choses aux décideurs mais quand on leur apporte quelque chose, c’est-à-dire un projet, une capacité à rencontrer, une capacité à créer des synergies c’est-à-dire à créer de la valeur politique, de la valeur en matière d’intérêt général, de la valeur qui ne soit pas qu’économique, on est face à une méthode particulière. La force de Marc est de trouver des éléments d’intérêt général là où on lui posait des questions en matière d’intérêts particuliers.

Quels sont vos souvenirs de ce club et de votre collaboration avec Com’Publics ?

Il y a de multiples souvenirs car je connais Com’Publics et Marc Teyssier d’Orfeuil depuis longtemps.
Il pourrait y avoir la façon dont il a essayé de faire en sorte que les partenariats publics-privés soient vus autrement que de façon caricaturale et idéologique par leurs défenseurs acharnés d'un côté et leurs pourfendeurs de l'autre. Il a essayé de donner du contenu aux partenariats publics-privés, de les remettre dans une dimension pratique et non idéologique. Il y a aussi la façon dont il a vu, peut-être avant d’autres, l’intérêt porté aux questions de développement durable et d’environnement. Je pense à la filière des voitures écologiques et celle du bois. Mais ce qui restera pour moi comme un grand souvenir est l’action du club de la table française qui a permis de réunir les acteurs de filières qui parfois avancent les uns à côté des autres alors qu’ils sont complètement interdépendants. Ce club a permis de faire dialoguer ensemble des personnes qui se mettaient en cause les uns et les autres.

La convivialité de ce club vous a-t-elle plu ?

La convivialité est indispensable si on veut essayer de créer. La base du travail de ces clubs, c’est la capacité à échanger, à se rencontrer et à créer des choses dont on ne sait pas ce qu’elles vont être, car il y a une part de surprise. Essayer de mettre des gens dans un milieu qui n’est pas convivial et d’en faire ressortir quelque chose, je pense que ça ne marche pas. Là encore, une des forces de Com’Publics est de créer des cadres d’échanges et de synergies mais des cadres qui sont sympathiques.

Le lobbying est-il un outil utile dans une démocratie ?

Je pense que le lobbying, notamment avec toutes les règles qui y ont été associées, est quelque chose qui n’a plus rien à voir avec la pression qui fut exercée il y a des années. Quand le lobbying permet de mettre un sujet sur la table et de faire en sorte de le rendre accessible, de pouvoir en cerner les enjeux, c’est quelque chose de favorable. La question est toujours de savoir si au bout du compte, on agit pour un seul acteur ou si on agit pour quelque chose de plus global. Le lobbying fait au profit de quelque chose de global, pour faire en sorte de susciter le développement d’un secteur, de susciter la prise en compte des réalités de celui-ci, est une réussite. Il y a une finesse de Marc de voir les choses comme ça.

Quelle image avez-vous de Com’Publics au-delà des clubs et de Marc Teyssier d’Orfeuil ?

En tout bien tout honneur, un entremetteur. C’est quelqu’un qui sait organiser la mise en relation car il connaît ce dont il parle. On a tellement l’occasion dans ce genre de responsabilités d’avoir en face de soi des gens qui utilisent un carnet d’adresses sans rien connaître au fond des sujets qu’ils nous demandent d’aborder. Alors que je n’ai jamais pris Marc en défaut, celui de ne pas savoir de quoi il parlait. Il connaît tous les contours des sujets abordés. Ce n’est pas quelqu’un qui utilise seulement son carnet d’adresses.

Retour vers le Blog