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L'histoire de Com'Publics en 63 rencontres - François Bergère

Ce jour, un entretien avec François Bergère, ancien directeur de la MAPPP, et actuel directeur exécutif Long Term Infrastructure Investors Association. 

Public-privé, et si on devenait partenaires?

Que pensez-vous des actions menées par Com’Publics et le club PPP depuis 2005 ?

Mes commentaires seront plus orientés sur la dimension des PPP. Je pense qu’on a besoin d’un lieu d’échange sur ce sujet qui est technique, controversé, pas toujours bien compris par les principaux acteurs. Il me semble que ce club a su jouer ce rôle de facilitateur, et c’est largement grâce à la détermination, la passion, et la capacité d’initiative de Marc Teyssier d’Orfeuil. Pour moi, ce fut véritablement, en reprenant mon ancienne casquette de patron de la mission d’appui aux PPP, quelque chose de très positif pour mieux nous faire connaître, en diffusant l’expérience, en faisant témoigner les personnes qui s’engageaient dans cette voie-là. C’est un lieu tout à fait positif et s’il n’existait pas, il aurait fallu l’inventer.

Quel regard portez-vous sur le rôle du club auprès des collectivités ?

Les collectivités sont encore plus démunies que les administrations centrales lorsqu’il s’agit de s’engager sur ces techniques contractuelles. Elles ont la possibilité de recourir à la mission d’appui, mais je crois à la vertu d’exemple, du partage d’expériences vis-à-vis d’un décideur public local. Il n’y a rien de tel que de se prévaloir d’une expérience similaire menée dans des situations comparables par d’autres élus locaux. Le club des PPP a permis de mettre en relation des élus de tous bords sans que l’on puisse ramener cela à une composante politique ou à une coloration idéologique particulière.

Considérez-vous que la forme du club, donc de la stratégie mise en place par Com’Publics, soit plus efficace pour rassembler des personnes publiques et privées et faciliter le dialogue ?

Je vais être franc, c’est une chose qui pourrait exister dans la sphère publique. Marc Teyssier d’Orfeuil m’a contacté en 2005, et je ne vous cache pas que j’avais une certaine prudence à l’égard de cette initiative, mais je dois dire que Marc a su répondre à mes hésitations par son enthousiasme, sa volonté d’apprendre. Il n’était pas un spécialiste des PPP au départ, mais au fil des échanges, il s’est transformé en un expert à sa façon. Donc oui, je crois que c’est une instance qui est utile et qui donne du crédit à l’outil PPP, c’est à mettre en faveur du club.

Considérez-vous que la mission du club PPP permette la jonction entre des intérêts privés et l’intérêt général ?

La convergence entre les intérêts privés et l’intérêt général c’est tout le sujet du PPP. J’ai tendance à penser que le club est là pour faire connaître les avantages d’un PPP auquel on peut avoir recours dans des conditions appropriées. Il ne s’agit pas de faire du PPP tous azimuts et je crois que le club a su adapter son discours, faire passer le message qu’il pouvait être adapté dans un certain nombre de circonstances. Le club a plutôt tendance à inviter des gens qui croient ou ont eu une expérience positive avec les PPP, mais j’ai le souvenir de débats avec des personnes qui avait une vision plus critique comme Jean-Pierre Sueur. Dans cette affaire, le club ne s’est pas transformé en outil de propagande, il a joué un rôle au service du développement de l’outil, de façon éclairée et équilibrée, en mettant en avant les conditions et le mode d’emploi pour un recours opportun. Cela a permis de faire converger les intérêts privés et généraux.

Quelle image avez-vous de Com’Publics et de Marc Teyssier d’Orfeuil ?

Je trouve que Marc Teyssier d’Orfeuil a une capacité de conviction et un enthousiasme communicatif qui permet de balayer beaucoup d’obstacles. Avec mon background de haut fonctionnaire, j’étais un peu réticent à l’égard de cette initiative. Il a su me convaincre comme il a su convaincre beaucoup d’acteurs publics de l’intérêt de sa démarche, avec un caractère pédagogique. Je dirais qu’il combine une grande persévérance et un grand enthousiasme même si le PPP est moins porteur aujourd’hui, mais Marc continue à tracer son chemin indépendamment de la conjoncture. Il a dû aussi s’adapter à un renouvellement assez drastique du personnel politique et j’ai pu me rendre compte de sa capacité d’adaptation pour renouveler son réseau. Je pense que c’est son caractère qui permet sa réussite.

Considérez-vous le lobbying comme un outil utile dans notre démocratie ?

Le lobbying est souvent caricaturé dans les médias et il est parfois instrumentalisé au service d’intérêts commerciaux. S’agissant plus précisément de Com’Publics et de la vingtaine de clubs qu’anime Marc, je crois qu’ils ont permis de « mieux faire connaître » les intérêts d’une filière ou d’un outil, dans une société de plus en plus en complexe et je pense que c’est un rôle utile. Il faut que cela soit encadré, et c’est le cas. Cela s’inscrit dans un dispositif plus large accompagné par l’administration, les différents acteurs économiques et sociaux. Il ne faut pas laisser les clés de la voiture uniquement aux cabinets de lobbying pour faire la politique à la place des autres, mais dans cet écosystème plus large, j’ai tendance à considérer qu’ils ont tout-à-fait leur place.

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