Com’Publics dans « Marianne »
Marianne – 31 octobre 2008
Le maintien du département sur les plaques d’immatriculation : une victoire du lobbying
Michèle Alliot-Marie voulait changer les plaques d’immatriculation, une poignée de parlementaires l’ont fait plier… avec l’aide providentielle d’une société de lobbying qui, en mettant à contribution les départements, a organisé toute la communication de l’événement, « pour se marrer ».

« Un vrai coup de théâtre », tonne Le Parisien : le numéro de département restera obligatoire sur les plaques minéralogiques ! Michèle Alliot-Marie a donc cédé face au collectif « Jamais sans mon département », fort de plus d’une centaine de parlementaires de tous partis et de toutes régions. Lancé par le député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Mallié et son collègue socialiste Alain Vidalies, ce club luttait depuis mai 2008 contre la réforme qui devait rendre facultatif le numéro de département sur la plaque d’immatriculation. Mais un autre acteur a pesé dans la balance : la société Com’Publics, spécialisée dans le lobbying. « Ils nous ont proposé leur aide gratuitement et ont monté le site Jamais sans mon département en trois jours, détaille l’assistant parlementaire d’un des députés membres du collectif. Ils se sont surtout occupés de la campagne d’influence. »
Défenseur du foie gras
En15 ans d’existence, le cabinet de lobbying a défendu toutes sortes de « causes », notamment en lien avec la défense « de la diversité de nos territoires, la richesse de notre patrimoine gastronomique. » La dernière victoire de Com’Publics remonte à 2005 quand la campagne sur la défense du foie gras a empêché l’adoption d’une directive européenne qui prévoyait l’interdiction du gavage !
La défense du numéro de département, c’était « une cause plutôt sympa et qui nous tenait à cœur », explique Marc Teyssier d’Orfeuil, patron et fondateur de la société. «Quand nous avons vu que Richard Mallié se mobilisait sur la question, on a décidé de lui donner un coup de main, explique le lobbyiste. J’ai mis une personne à mi-temps sur le projet et on a lancé un journal sur nos propres fonds, tiré à 8000 exemplaires. »
Du lobbying « décomplexé »
S’en sont suivis une seconde édition du journal, de nombreux communiqués de presse et des « éléments de langage » pour les parlementaires. Comprendre : Com’Publics aidait les élus à rédiger les textes pour mobiliser les maires, conseillers généraux et autres personnalités locales. Le financement a été assuré par une adhésion des collectivités locales : les départements qui voulaient apparaître sur le site payaient 1500, 2500 ou 3500€, selon leur taille, et les petites villes 100€. Au final, Com’Politics déclare avoir levé 14500€ contre 15000€ pour le coût de l’opération, hors salaires.
Parmi les idées « chocs » de la campagne, la pose dans la cour de l’Assemblée nationale des députés adhérents avec des plaques à leur nom frappé du numéro de leur département est également l’œuvre du cabinet de lobbying : « certains députés les ont même réutilisées à l’occasion de passage dans les médias, se félicite Marc Teyssier d’Orfeuil. Nous assumons totalement notre rôle et nous ne nous cachons de rien de ce que nous faisons : nous faisons du lobbying décomplexé ! »
